Partout en Europe, la grande distribution subit une pression sans précédent pour réduire ses émissions de carbone. Les objectifs de zéro émission nette des entreprises, la réduction progressive prévue par le règlement européen F-Gaz III sur les gaz fluorés (-79 % d’ici 2030 par rapport à 2015), le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF*) et l’investissement ESG vont tous dans le même sens : décarboner rapidement la chaîne du froid.
Pourtant, l’industrie de la réfrigération a passé la dernière décennie dans un débat divergent : les fluides frigorigènes dits « naturels » (CO2, propane) contre les HFO « synthétiques » à faible GWP. La réalité, étayée par des preuves de terrain de plus en plus nombreuses, est beaucoup plus nuancée. Lorsque l’on calcule les émissions directes (fuites de fluide frigorigène) et indirectes (liées à l’énergie) sur la durée de vie d’un système de supermarché, l’utilisation de mélanges HFO à très faible GWP tels que Solstice® L40X (R-455A, GWP de 146) et Solstice® ze (R-1234ze, GWP <1) représente l’option la plus rapide, la plus rentable et la plus crédible vers une décarbonation significative pour la majorité des applications dans le secteur de la distribution alimentaire en Europe.
Ces fluides à base de HFO sont aussi une solution simple et efficace pour faire face à une réalité terrain qui voit de plus en plus le jour dans certains pays : la congestion du réseau électrique.

Les émissions directes diminuent rapidement, mais les émissions indirectes restent dominantes
Compte tenu des quotas sur les gaz fluorés, le GWP moyen des nouveaux équipements doit passer sous la barre des 400 d’ici 2027 et sous celle des 150 d’ici 2032 pour les systèmes centralisés > 40 kW. Le R-448A/R-449A (GWP ≈1 400) et même le R-452A (GWP ≈2 140) sont déjà obsolètes.
Les systèmes booster transcritiques au CO₂ (R-744) ont été par défaut le choix pour de nombreuses enseignes. Cependant, les études sur l’impact environnemental global (TEWI**) dans le monde réel montrent systématiquement que l’avantage du CO2 (GWP = 1) en termes d’émissions directes est largement compensé par une consommation d’énergie plus élevée, exceptée pour les climats très froids du nord de l’Europe.
Des études indépendantes (Cemafroid, SHECCO, RPA) et le modèle d’éco-efficacité de Solstice (validé par Cemafroid) montrent que les systèmes à détente directe utilisant le R-455A permettent de réduire la consommation énergétique annuelle de 8 à 15 % par rapport aux systèmes booster transcritiques au CO2 dans la plupart des pays d’Europe.
Lorsque l’on tient compte des taux de fuite sur la durée de vie de 6 à 8 % par an (typique pour les grandes installations au CO2), l’avantage TEWI des systèmes R-455A atteint 30 à 60 % dans les climats doux et chauds.
Architecture plus simple = consommation d’énergie réduite, coût moindre, déploiement plus rapide
La raison fondamentale réside dans l’architecture du système. Les systèmes booster transcritiques CO2 nécessitent des composants fonctionnant à haute pression (90 à 120 bars), des stratégies complexes de récupération de chaleur et d’éjection, une gestion sophistiquée de l’huile, une compression parallèle et souvent des refroidisseurs d’air adiabatiques.
En revanche, un système centralisé à détente directe au R-455A ou au R-1234ze ou un système pompé avec caloporteur est nettement plus simple :
- Pressions de fonctionnement similaires à celles du R-404A (≈20 bars côté haute pression) ;
- Pas de cycle transcritique, pas d’éjecteurs, pas de compression parallèle ;
- Excellente adaptation du glissement de température (le R-455A a un glissement de ≈7 K), ce qui permet à une seule centrale de couvrir à la fois le froid positif et le froid négatif avec une efficacité exceptionnelle jusqu’à –40 °C à l’évaporateur ;
- Échangeurs de chaleur à plaques et tubes standards ;
- Coût d’installation réduit de 20 à 30 % et temps d’installation plus rapide de 30 à 50 % pour les installations neuves et les rétrofits (source : témoignages de plusieurs installateurs européens et des données terrain de Solstice).
Résultat : une efficacité saisonnière supérieure, beaucoup moins de composants défaillants et des coûts d’entretien nettement inférieurs.

La sécurité n’est plus un obstacle et l’ensemble des composants ou équipements est disponible
Le R-455A et le R-1234ze sont tous deux classés A2L (légèrement inflammables).
Après les révisions 2020-2024 des normes EN 378 et CEI 60335-2- 40, les limites de charge pour les fluides frigorigènes A2L dans la réfrigération commerciale ont considérablement augmenté (jusqu’à 1,2 kg/m³ dans les espaces occupés avec mesures de sécurité). En outre, l’ensemble des composants sont homologués pour les fluides A2L et sont disponibles pour réaliser des installations neuves. Par exemple, Arneg, le leader international dans la conception, la fabrication et l’installation d’équipements complets pour le secteur de la distribution, est en mesure de pouvoir fournir des meubles réfrigérés pour exposer tous les produits alimentaires et surgelés avec ces fluides A2L.
Des centaines de supermarchés européens ou entrepôts de stockage fonctionnent déjà en toute sécurité avec des systèmes au R-455A, au R-1234ze ou encore au R-1234yf.
Deux exemples phares déjà en service en Europe
MD S.p.A. – La deuxième enseigne de magasins discount à très forte croissance en Italie – a ouvert son premier supermarché utilisant Solstice® L40X (R-455A) à San Giovanni in Persiceto, près de Bologne, en 2023.
À l’aide du modèle d’éco-efficacité validé de manière indépendante, MD a calculé :
- Une réduction de 25 % des émissions carbone sur la durée de vie par rapport à un système de réfrigération au CO₂.
- 260 000 € de réduction du coût total de possession sur 15 ans (CAPEX + énergie + maintenance).
- Une installation plus rapide et une formation plus simple des entrepreneurs. Les données mesurées en 2024 et début 2025 confirment les économies d’énergie prévues, et MD a déclaré que le R-455A serait le fluide retenu pour la majorité de ses 30 nouveaux magasins et rénovations annuelles.
Refroidisseur Q-REF KIBO® – Dans le domaine du stockage frigorifique industriel (un contributeur majeur du Scope 3 pour la grande distribution), l’équipementier français Q-REF utilise le Solstice® ze (R-1234ze) avec des compresseurs Turbocor sans huile de chez Danfoss. Des mesures indépendantes réalisées par Cemafroid et Optienergie sur les sites de Castang et du groupe Coccolo révèlent :
- Un COP entre 5,0-7,0 contre 2,7-3,5 pour les nouveaux refroidisseurs à vis à l’ammoniac.
- Une consommation électrique annuelle inférieure de 43 à 46 %.
- Aucune maintenance après plus de 5 000 heures de fonctionnement.
- Une empreinte carbone réduite de 30 % et le bruit considérablement diminué.
Paré pour l’avenir malgré les quotas de 2030
Le R-455A (GWP 146) et le R-1234ze (GWP <1) se situent en-dessous du seuil de 150 en GWP qui s’appliquera à la plupart des systèmes centralisés à partir de 2032. Contrairement aux mélanges HFC/HFO à GWP plus élevé encore utilisés (R-448A, R-449A), ils ne sont soumis à aucune pression en matière de quotas à court terme.

La transition vers la décarbonation est déjà tracée
Les supermarchés européens n’ont pas à choisir entre la conformité réglementaire et la réalité opérationnelle. Les systèmes HFO A2L à très faible GWP utilisant Solstice® L40X (R-455A) ou Solstice® ze (R-1234ze) offrent :
- Une réduction de l’empreinte carbone de 30 à 60 % sur la durée de vie de l’installation comparée à l’utilisation du CO2 dans la plupart des climats.
- Des systèmes plus simples, moins coûteux et plus faciles à maintenir.
- Une sécurité éprouvée selon les normes en vigueur.
- Une disponibilité immédiate et une bonne connaissance par les installateurs.
Pour la majorité des supermarchés au sud de la Scandinavie, ainsi que pour les entrepôts frigorifiques qui les approvisionnent, la technologie HFO A2L à faible GWP n’est pas un compromis : c’est le chemin le plus rapide, le plus sûr et le plus réaliste pour atteindre une réelle décarbonation dès 2025.
La transition des fluides R-404A, R-448A, R-449A et R-452A a déjà commencé. Les données provenant d’Italie, de France, du Royaume-Uni et d’autres pays montrent que les chaînes de supermarchés et les opérateurs de la chaîne du froid qui agissent dès maintenant en utilisant des fluides frigorigènes A2L à faible GWP tels que le R-455A et le R-1234ze atteindront leurs objectifs pour 2030 et 2040 plus rapidement, à moindre coût et avec beaucoup moins de risques techniques.
Réfrigération connectée : des données techniques au pilotage

Si le choix du fluide frigorigène est un levier majeur pour réduire l’empreinte carbone des systèmes de réfrigération, le suivi en temps réel des paramètres de fonctionnement permet d’accéder à des économies additionnelles, tout au long de la durée de vie du système.
En exploitation, ce sont les dérives progressives — souvent invisibles — qui génèrent pertes de fluide, surconsommations et pannes.
L’instrumentation des systèmes par capteurs IoT permet de mesurer en continu pressions, températures, niveaux de fluide frigorigène, cycles de fonctionnement des compresseurs et consommations électriques. Ces données donnent une vision factuelle et partagée de l’état réel des installations, site par site, à distance.
Du côté de la détection de fuites, les méthodes expertes de détection via des algorithmes analysent les variations normales liées à la charge frigorifique et définissent des références de fonctionnement. Toute dérive par rapport à ce comportement nominal est détectée avant qu’elle n’impacte l’exploitation.U ne baisse, même légère, de la charge en fluide frigorigène versus la normale est alors immédiatement identifiée, et signalée. Les interventions peuvent être planifiées plus tôt, de manière ciblée, sans risquer des pertes importantes pouvant aller jusqu’à la panne, préjudiciables pour les équipements, les marchandises, …
Cette détection intelligente et précoce permet de réduire jusqu’à 79 % les pertes de fluide frigorigène, limitant directement les émissions de gaz à effet de serre. Résultat : moins de fluide perdu, moins de risques, moins d’arrêts non planifiés et moins d’émissions.
En parallèle, l’optimisation des réglages et le suivi des consommations permettent de réduire jusqu’à 20 % la facture énergétique, dans un contexte où le froid représente jusqu’à 50 % de l’énergie d’un supermarché et face à des exigences règlementaires fortes, la réduction des émissions indirectes est primordiale.
Des économies mesurables, durables et compatibles sont réalisables avec la continuité d’exploitation. En rendant les performances frigorifiques mesurables et visibles, la réfrigération connectée devient un outil de pilotage technique et économique, au coeur de la décarbonation de la grande distribution.
Conclusion
Solstice Advanced Materials collabore avec Climalife depuis de nombreuses années pour la distribution des fluides frigorigènes Solstice®, afin de proposer rapidement et efficacement au marché des solutions à faible GWP. Forte de son expertise et de sa présence à l’international, Climalife assure la disponibilité de la gamme Solstice® dont le Solstice® L40X (R-455A) et le Solstice® ze (R-1234ze), et offre également une assistance technique complète, des programmes de formation pour les installateurs et un service de prestations et ingénierie.
Grâce à cette étroite collaboration, les professionnels de la réfrigération bénéficient de conseils d’experts sur la conception des systèmes, la manipulation sécurisée des fluides frigorigènes A2L, les exigences en matière de détection de fuites et l’optimisation des installations pour une efficacité énergétique maximale, ce qui accélère la transition pour les commerces alimentaires dans le respect des normes les plus élevées en matière de sécurité et de performance.
L’avenir de la réfrigération durable dans le commerce alimentaire de détail est déjà en rayon.
*Carbon Border Adjustment Mechanism
** TEWI = Total Equivalent Warming Impact